# Maître Liu vous parle : Décortiquer la procédure et les délais de l'examen de sécurité

Bonjour à tous, je suis Liu, avec 12 ans d'accompagnement des entreprises étrangères chez Jiaxi Fiscal et 14 ans d'expérience terrain dans les méandres des procédures d'enregistrement. Aujourd'hui, je voudrais aborder avec vous un sujet qui fait souvent grimacer les investisseurs, surtout ceux qui découvrent le marché chinois : l'examen de sécurité. Vous avez peut-être lu l'article « Quelle est la procédure et le délai de l'examen de sécurité ? ». C'est une bonne base, mais sur le papier, tout semble toujours plus lisse. Dans la réalité, c'est un parcours qui demande de la préparation, de la patience et une compréhension fine des attentes des autorités. Cet article n'est pas qu'une liste d'étapes ; c'est le fruit de mes années à guider des projets à travers ce processus crucial, parfois semé d'embûches. Pour un investisseur, comprendre l'examen de sécurité, c'est bien plus qu'une formalité administrative : c'est une clé pour évaluer les risques, planifier son calendrier de déploiement et, in fine, sécuriser son investissement sur le long terme. Alors, attachez vos ceintures, on entre dans le vif du sujet.

Définition et portée

Avant de plonger dans le comment, il faut bien cerner le quoi. L'examen de sécurité, officiellement appelé « examen de sécurité des investissements étrangers », n'est pas une simple vérification de paperasse. C'est un mécanisme de contrôle mis en place par l'État pour évaluer l'impact potentiel d'un investissement étranger sur la sécurité nationale. Attention, ici, la notion de sécurité est large : elle englobe la sécurité nationale au sens strict (défense, ordre public), mais aussi la sécurité économique, technologique, des données, et même la stabilité des chaînes d'approvisionnement critiques. Beaucoup de mes clients arrivent en pensant que cela ne concerne que les secteurs ultra-sensibles comme la défense. En réalité, avec l'évolution des réglementations, des domaines comme les technologies de l'information critiques, les infrastructures de données, la recherche en biotechnologie, ou même les médias peuvent entrer dans le périmètre d'examen. Par exemple, j'ai accompagné une entreprise européenne spécialisée dans les capteurs pour villes intelligentes. A priori pas militaire, n'est-ce pas ? Pourtant, la nature des données collectées et leur potentiel d'utilisation dans des infrastructures urbaines sensibles ont déclenché un examen approfondi. La première leçon est donc de ne pas sous-estimer la portée de cet examen. Une analyse préliminaire fine du secteur d'activité, de la technologie utilisée et du modèle d'affaires est indispensable avant même de constituer le dossier.

Le processus étape par étape

Alors, comment ça se passe concrètement ? Le processus officiel peut être schématisé, mais sa mise en œuvre est tout sauf linéaire. Généralement, il débute par une auto-évaluation préalable obligatoire pour l'investisseur. C'est une phase cruciale où vous devez, avec l'aide de conseils experts, déterminer si votre projet est susceptible de déclencher l'examen. Ensuite vient le dépôt du dossier auprès du Comité pour l'examen de la sécurité des investissements étrangers, placé sous l'égide de la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR) et du Ministère du commerce (MOFCOM). Le dossier est un exercice d'équilibre : il doit être exhaustif sans être étouffant, transparent sans divulguer de secrets commerciaux irrémédiables. Vient ensuite la phase d'examen proprement dite, qui peut être divisée en « examen général » et « examen spécial » si des questions plus complexes surgissent. Les autorités peuvent demander des compléments d'information, organiser des réunions de clarification. J'insiste toujours auprès de mes clients : la réactivité et la clarté des réponses durant cette phase sont déterminantes pour le délai final. Une fois, pour un projet dans l'énergie, une simple question sur la provenance d'un composant secondaire a pris trois semaines à clarifier parce que la réponse initiale du siège social à l'étranger était trop vague. Chaque jour compte.

Le facteur temps : délais et variables

Ah, la question des délais ! C'est probablement la plus fréquente. L'article de référence donne des fourchettes, mais sur le terrain, c'est une autre histoire. Officiellement, l'examen général doit se conclure dans les 30 jours ouvrables, et l'examen spécial dans les 90 jours (prolongeables dans des cas exceptionnels). Mais ces délais ne courent qu'à partir de l'acceptation d'un dossier complet. Or, la phase de préparation du dossier et les allers-retours pour compléments peuvent facilement ajouter plusieurs mois. Dans mon expérience, pour un projet standard et bien préparé, il faut tabler sur un minimum de 2 à 3 mois. Pour les dossiers complexes, dans des secteurs sensibles ou avec une structure actionnariale intricate, cela peut s'étirer sur 6 mois à un an. Un facteur clé souvent négligé est le calendrier des fêtes chinoises et la charge de travail des administrations. Déposer un dossier juste avant la Fête du Printemps ou la Fête nationale, c'est s'assurer un délai d'attente supplémentaire. La planification stratégique du timing est donc un élément de gestion de projet à part entière.

Les pièges à éviter

Avec le recul, je vois souvent les mêmes écueils. Le premier est le manque de préparation en amont. Certains investisseurs veulent aller trop vite et négligent l'auto-évaluation, se retrouvant surpris par une demande d'examen qu'ils n'avaient pas anticipée, ce qui désorganise toute leur planification. Le second piège est une communication inadéquate avec les autorités. Adopter un ton trop défensif ou, à l'inverse, être trop évasif, suscite la méfiance. Il faut trouver le juste milieu : coopératif, professionnel, et ferme sur la protection des intérêts légitimes de l'entreprise. Un troisième piège concerne les changements en cours de route. Modifier substantiellement le projet après le dépôt du dossier, c'est souvent repartir à zéro. Enfin, sous-traiter cette démarche à un intermédiaire sans une supervision étroite est risqué. Vous devez rester maître du dossier et comprendre chaque élément soumis. J'ai vu un cas où une clause anodine dans un accord de licence technologique, mal traduite et mal expliquée, a failli faire capoter tout l'examen.

Stratégies de réussite

Alors, comment maximiser ses chances d'un examen rapide et favorable ? La première stratégie est l'engagement précoce et le dialogue constructif. Dans certains cas complexes, il est possible d'avoir des échanges informels et préliminaires avec les autorités pour comprendre leurs préoccupations. Cela permet d'anticiper et d'adapter le projet ou le dossier en conséquence. La seconde est la constitution d'une équipe projet dédiée, en interne et avec des conseils externes expérimentés (juristes, consultants en investissement comme nous). Cette équipe doit maîtriser à la fois le fond du projet et les arcanes administratives. La troisième stratégie est la transparence maîtrisée. Il ne s'agit pas de tout divulguer, mais de fournir des informations précises, cohérentes et vérifiables pour construire la confiance. Préparez un « dossier de salle de commande » exhaustif en interne, puis extractez-en la version à soumettre, en étant prêt à fournir des détails supplémentaires si demandé. Enfin, soyez patient mais proactif. Un suivi régulier et courtois du dossier est attendu et apprécié, tant qu'il ne verse pas dans le harcèlement.

Perspectives d'évolution

Le paysage de l'examen de sécurité n'est pas figé. Ces dernières années, nous avons vu une clarification des règles, mais aussi un élargissement des secteurs sous surveillance, notamment avec l'essor du numérique et des enjeux de souveraineté technologique. La tendance est à une normalisation et une institutionnalisation du processus, ce qui est une bonne chose pour la prévisibilité. À l'avenir, je m'attends à ce que les critères deviennent plus granulaires, avec peut-être des procédures différenciées selon le niveau de risque perçu. L'intelligence artificielle et l'analyse de données pourraient aussi être utilisées par les autorités pour le screening initial des dossiers. Pour nous, conseillers, et pour vous, investisseurs, le défi sera de rester agiles, de maintenir une veille réglementaire constante et de toujours intégrer cette dimension « sécurité » dès la conception d'un projet d'investissement en Chine. Ce n'est plus une étape annexe, mais un pilier de la stratégie d'entrée sur le marché.

Conclusion et recommandations

Pour conclure, l'examen de sécurité est un passage obligé sérieux, mais navigable, pour de nombreux investisseurs étrangers en Chine. Loin d'être une simple formalité, c'est un processus stratégique qui nécessite une préparation méticuleuse, une compréhension profonde des attentes réglementaires et une gestion proactive du dialogue avec les autorités. Les délais, bien que cadrés par la loi, dépendent largement de la qualité du dossier et de la complexité du projet. Mon conseil, après toutes ces années, est le suivant : ne prenez pas ce processus à la légère, anticipez-le dès les premières réflexions sur votre investissement, et entourez-vous de professionnels qui ont l'expérience du terrain et des relations de travail constructives avec les administrations concernées. L'objectif final n'est pas seulement d'obtenir une approbation, mais de poser les bases d'une présence stable et pérenne en Chine, dans le respect de son cadre juridique et de ses priorités nationales. L'examen de sécurité, bien mené, peut même devenir un atout, démontrant le sérieux et la transparence de votre engagement.

Quelle est la procédure et le délai de l'examen de sécurité ?

Le point de vue de Jiaxi Fiscal

Chez Jiaxi Fiscal, avec notre expérience cumulative sur des centaines de dossiers, nous considérons l'examen de sécurité non comme un obstacle, mais comme une phase structurante du projet d'investissement. Notre approche repose sur trois piliers. Premièrement, l'**anticipation stratégique** : nous intégrons l'analyse des risques liés à l'examen de sécurité dès l'étude de faisabilité, aidant nos clients à modéliser différentes structures (JV, WFOE, prise de participation) pour optimiser le profil de risque. Deuxièmement, le **pilotage processus rigoureux** : nous mettons en place une gestion de projet dédiée, avec des outils de suivi, des templates de documents éprouvés et une communication centralisée, évitant les délais liés aux malentendus ou aux informations éparses. Troisièmement, le **dialogue éclairé** : notre réseau et notre expérience nous permettent d'interpréter les attentes des autorités et de formuler des réponses qui répondent précisément à leurs préoccupations tout en protégeant les intérêts essentiels de l'investisseur. Nous avons notamment développé une méthodologie pour les « accords de mesures d'atténuation » (mitigation agreements), qui peuvent être proposés pour adresser des inquiétudes spécifiques et débloquer des situations complexes. Pour nous, accompagner l'examen de sécurité, c'est finalement accompagner la création d'une relation de confiance à long terme entre l'investisseur et le marché chinois.